
L'Insee a publié mardi 21 juillet 2026 son bilan mensuel des créations d'entreprises, et le constat marque une pause après plusieurs mois de fortes variations. Le nombre total de créations, tous types confondus, a reculé de 2,2 % en juin, après un rebond marqué de 10,6 % en mai. Sur le mois, 107 856 entreprises ont vu le jour en France, une majorité d'entre elles sous le régime de la micro-entreprise.
Ce repli intervient après une séquence de montagnes russes statistiques depuis le début de l'année : -6,3 % en avril, +2,2 % en mars, puis un net rebond de +10,6 % en mai avant ce nouveau coup de frein en juin. L'Insee souligne que ces à-coups mensuels sont fréquents et ne doivent pas être surinterprétés isolément, le rythme des immatriculations pouvant fluctuer d'un mois sur l'autre selon des effets de calendrier ou de rattrapage.
Dans le détail, ce sont les immatriculations de micro-entrepreneurs qui expliquent l'essentiel du repli, avec une baisse de 3,1 % en juin après une envolée de 13,5 % en mai. Les créations d'entreprises individuelles classiques suivent la même tendance, en recul de 2,7 % après +8,6 % le mois précédent. Les créations de sociétés, elles, résistent nettement mieux : leur progression ralentit mais reste positive, à +0,7 % après +3,6 % en mai.
| Type de création | Évolution juin 2026 | Évolution mai 2026 |
|---|---|---|
| Ensemble des créations | -2,2 % | +10,6 % |
| Micro-entrepreneurs | -3,1 % | +13,5 % |
| Entreprises individuelles classiques | -2,7 % | +8,6 % |
| Créations de sociétés | +0,7 % | +3,6 % |
Ce contraste illustre une tendance déjà observée ces derniers mois : les créations sous forme de société, moins nombreuses en volume, affichent une trajectoire plus stable que les immatriculations de micro-entrepreneurs, plus sensibles aux variations conjoncturelles et aux effets d'aubaine liés aux réformes fiscales et sociales successives, telles que la baisse de l'exonération ACRE entrée en vigueur au 1er juillet 2026.
Le repli de juin ne touche pas tous les secteurs de la même façon. L'information et la communication accusent le recul le plus marqué (-10,4 %), après un bond de 25 % le mois précédent, un effet de correction après un pic difficilement soutenable. Les services aux ménages reculent de 3,6 % après +13,1 % en mai, et les activités de soutien aux entreprises affichent un repli plus modéré de 3,3 % après +13,5 %.
À l'inverse, la construction accélère (+5,2 % après +2,8 %), portée par une demande qui reste dynamique malgré le contexte économique. Les activités de transport et d'entreposage progressent également, mais à un rythme ralenti (+2,5 % après +6,2 % en mai).
Au-delà des variations mensuelles, l'Insee rappelle que le nombre total d'entreprises créées sur les douze derniers mois progresse fortement, de 11,1 %, par rapport à la même période un an auparavant. Cette dynamique de fond confirme la trajectoire observée en 2025, année qui avait déjà atteint un niveau record de 1 165 800 créations d'entreprises en France, portée à la fois par les immatriculations de micro-entrepreneurs et par les créations de sociétés.
Pour les créateurs qui hésitent encore entre différents statuts, ce contexte rappelle l'intérêt de bien anticiper les seuils de chiffre d'affaires applicables en 2026 avant de choisir entre micro-entreprise et société, deux trajectoires dont le Journal du Net documente désormais mois après mois les évolutions parfois divergentes.

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