Une formation n’est pas finançable par le CPF parce qu’elle figure dans un catalogue, mais parce qu’elle débouche sur une certification reconnue. Voici la liste des formations éligibles, ce qui est exclu depuis 2025, les plafonds en vigueur et le reste à charge réel.
Ce guide s’appuie sur les textes officiels et sur les chiffres de la Caisse des Dépôts. Si votre compte n’est pas encore ouvert, commencez par notre guide pour créer son compte CPF, puis revenez ici choisir votre formation.
Le principe est posé par le Code du travail : seules les actions sanctionnées par une certification peuvent être financées, avec quelques exceptions détaillées plus bas. Concrètement, la formation doit conduire à un diplôme, un titre ou une qualification inscrit dans un répertoire officiel.
Deux répertoires comptent. Le RNCP (répertoire national des certifications professionnelles) regroupe les diplômes, les titres professionnels et les certificats de qualification. Le répertoire spécifique recense des certifications plus ciblées, comme les CACES ou le TOEIC. Les deux se consultent sur le site de France compétences.
Une formation peut aussi être éligible par blocs de compétences, c’est-à-dire en visant une partie seulement d’une certification. C’est pratique pour se former en quelques semaines sans passer le titre complet.
L’offre est considérable. Selon la Caisse des Dépôts, le catalogue comptait fin 2025 environ 188 400 formations proposées par 14 200 organismes, pour 3 650 certifications. Le prix moyen d’une formation y atteignait 2 410 €.
Le CPF concerne toute personne active dès 16 ans : salariés, indépendants, demandeurs d’emploi. Le compte appartient à la personne, pas à son employeur, et il suit son titulaire d’un statut à l’autre.
Le tableau ci-dessous reprend les grandes familles de formations finançables, avec les conditions à connaître. Il ne remplace pas le catalogue officiel, qui évolue chaque semaine, mais il indique où chercher.
| Famille de formation |
Exemples |
Conditions et plafonds |
| Diplômes et titres du RNCP |
CAP, BTS, licence, titre professionnel, certificat de qualification |
Finançable dans la limite de vos droits disponibles |
| Blocs de compétences |
Une partie d’un titre ou d’un diplôme |
Le bloc doit être enregistré au RNCP |
| Répertoire spécifique |
CACES, TOEIC, habilitations |
Prise en charge plafonnée à 1 500 € (hors CléA) depuis le 26 février 2026 |
| CléA |
Socle de connaissances et de compétences professionnelles |
Hors plafond de 1 500 € |
| VAE |
Validation des acquis de l’expérience |
Finançable par le CPF |
| Bilan de compétences |
Point sur son parcours et son projet |
Plafonné à 1 600 € ; non finançable si un bilan a déjà été financé dans les 5 dernières années |
| Permis de conduire |
Permis B, permis poids lourd |
Permis léger plafonné à 900 € ; permis B soumis à cofinancement (voir plus bas) |
| Création ou reprise d’entreprise |
Formation à la gestion, au pilotage, au développement |
Uniquement si la formation est certifiante |
| Français langue étrangère |
Formation linguistique |
Réservée aux signataires d’un contrat d’intégration républicaine |
Les plafonds de 1 500 €, 1 600 € et 900 € sont issus de la loi de finances pour 2026. Ils limitent la somme que le CPF peut payer sur ces formations : au-delà, l’écart reste à votre charge. Le mécanisme est expliqué par Centre Inffo.
Le meilleur choix dépend moins du catalogue que de votre objectif. Le tableau suivant associe les projets les plus courants au type de formation le plus adapté.
| Votre projet |
Formation à privilégier |
Point de vigilance |
| Changer de métier |
Titre professionnel ou diplôme du RNCP |
Prévoir un financement complémentaire si la formation est longue |
| Valoriser des années d’expérience |
VAE |
Le dossier de recevabilité précède l’accompagnement |
| Se former à un métier du transport ou de la logistique |
CACES, permis poids lourd |
Plafonds spécifiques et conditions d’accès |
| Gagner en anglais |
TOEIC ou autre certification de langue |
Plafond de 1 500 € sur le répertoire spécifique |
| Faire le point avant de se lancer |
Bilan de compétences |
Un seul bilan financé tous les 5 ans |
| Monter son entreprise |
Formation certifiante en gestion ou en entrepreneuriat |
Les accompagnements non certifiants sont exclus |
Trois exclusions reviennent le plus souvent : les formations non certifiantes, celles dispensées par un organisme étranger, et le permis B sans cofinancement pour les personnes qui ne sont pas demandeuses d’emploi.
Les créateurs et les repreneurs sont les plus touchés. L’article 190 de la loi de finances pour 2025 a supprimé l’éligibilité des formations d’accompagnement et de conseil non certifiantes destinées à la création ou à la reprise d’entreprise, comme le rapporte Previssima. Seules restent finançables celles qui mènent à une certification.
Vérifiez aussi que l’organisme est référencé sur la plateforme et certifié Qualiopi. Un organisme non référencé n’apparaît tout simplement pas dans les résultats de recherche de votre compte, ce qui limite le risque de se tromper.
Pour le permis B, la règle a changé le 21 février 2026. D’après Service-Public, la préparation doit être cofinancée par un tiers à hauteur d’au moins 100 € (employeur, OPCO, collectivité…). Cette condition ne s’applique pas aux demandeurs d’emploi.
Une promesse commerciale du type « formation 100 % CPF » ne prouve rien. Seule la fiche de la certification sur France compétences fait foi : elle indique le niveau, le certificateur et la date de fin d’enregistrement.
Repérez le numéro de fiche : RNCP pour un diplôme ou un titre, RS pour le répertoire spécifique. Vérifiez ensuite que la certification est toujours enregistrée à la date de votre formation, car une certification dont l’enregistrement a pris fin ne peut plus être financée.
Méfiez-vous enfin des appels ou des messages qui proposent des formations « gratuites » : personne n’a besoin de vos identifiants pour vous inscrire, et vos codes d’accès doivent rester confidentiels.
La Caisse des Dépôts a comptabilisé environ 1,2 million de dossiers de formation en 2025, contre 1,4 million en 2024. Le coût moyen d’un dossier s’établit à 1 785 € pour 79 heures de formation.
Par domaine, les transports et la manutention concentrent environ 40 % des dossiers, devant les langues (11 %). Par type de prestation, le permis B représente 23 % des dossiers, le bilan de compétences 7 % et la VAE 3 %.
Ces chiffres montrent que le CPF sert surtout à des formations courtes, concrètes et directement utiles à l’emploi. Les parcours longs, comme un titre de niveau 6 ou 7, sont possibles mais demandent souvent un financement complémentaire.
Depuis le 2 avril 2026, la participation forfaitaire du titulaire est de 150 €. Elle a été fixée par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel du 1er avril, selon Tissot. Elle était auparavant de 103,20 €.
Prenons une formation certifiante au prix moyen du catalogue, soit 2 410 €. Avec un solde de 3 000 € de droits, vous réglez les 150 € de participation et le CPF finance le reste, soit 2 260 €. Il vous reste alors 740 € de droits pour un autre projet.
Certains titulaires ne paient pas cette participation. Service-Public cite l’abondement de l’employeur, la mobilisation du compte professionnel de prévention et l’abondement lié à une incapacité permanente d’au moins 10 % pour une reconversion. D’autres sources y ajoutent les demandeurs d’emploi : contrôlez votre cas sur moncompteformation.gouv.fr.
Si votre solde ne couvre pas le prix, un abondement (employeur, France Travail, collectivité) ou un paiement personnel prend le relais. Le simulateur du compte affiche le montant exact avant toute validation.
Côté droits, un salarié acquiert 500 € par an dans la limite de 5 000 €, et 800 € par an dans la limite de 8 000 € s’il est sans qualification ou en situation de handicap reconnue. Pour suivre votre solde, consultez notre guide sur le solde CPF et le détail des plafonds CPF.
Que peuvent financer les créateurs, repreneurs et indépendants ?
Les indépendants disposent eux aussi d’un compte, alimenté à hauteur de 500 € par an dans la limite de 5 000 €. Ils l’utilisent pour des formations certifiantes liées à leur activité, à côté de l’aide de leur fonds d’assurance formation.
Imaginons un indépendant qui a cumulé 1 500 € de droits et vise une certification de gestion à 1 200 €. Il règle 150 € de participation, le CPF finance 1 050 €, et il lui reste 450 € de droits pour une autre formation.
Si vous préparez la création d’une société, privilégiez une formation certifiante en gestion ou une VAE plutôt qu’un accompagnement non certifiant, qui n’est plus pris en charge. Notre article sur la formation professionnelle de l’auto-entrepreneur détaille les deux circuits.
Pensez aussi à la VAE : si vous exercez depuis longtemps sans diplôme, elle permet d’obtenir un titre reconnu à partir de votre expérience, et elle figure parmi les actions finançables par le CPF.
Côté formalités, la création est offerte avec toute domiciliation chez SeDomicilier. Pour une activité qui démarre, la création d’entreprise en ligne évite des frais de démarrage et laisse plus de marge pour financer la formation.
La recherche se fait entièrement en ligne et suit quatre étapes simples.
- Connectez-vous sur moncompteformation.gouv.fr avec votre numéro de sécurité sociale.
- Cherchez par métier, certification ou ville, puis filtrez les formations certifiantes.
- Contrôlez le code RNCP ou RS de la certification sur le site de France compétences.
- Comparez la durée, le prix et les modalités, puis validez l’inscription.
Si le prix dépasse votre solde, regardez d’abord les formations plus courtes ou par blocs, souvent mieux adaptées à un budget CPF.
Quelles erreurs éviter avant de s’inscrire ?
La première erreur consiste à choisir sans calculer : vérifiez le prix total, la participation de 150 € et votre solde avant de vous engager.
La deuxième est d’ignorer les plafonds par catégorie. Un TOEIC, un bilan ou un permis peuvent coûter plus que ce que le CPF accepte de payer, et l’écart vous revient.
La troisième est de sous-estimer le calendrier : certaines sessions se remplissent vite, et l’organisme doit accepter le dossier avant le démarrage de la formation.
Enfin, suivez vos droits. Une fois le plafond de 5 000 € atteint, le compte n’est plus alimenté : mieux vaut utiliser votre solde que le laisser dormir.
Que faire si le CPF ne suffit pas ?
Plusieurs leviers permettent de compléter le financement : l’abondement de l’employeur, une aide de France Travail ou d’une collectivité, ou un paiement personnel du solde. Pour un changement de métier, notre guide sur la reconversion professionnelle présente les autres dispositifs.
Dans tous les cas, demandez un devis détaillé à l’organisme avant de réserver, et conservez la preuve de votre inscription.
Les règles du CPF vont-elles encore changer ?
C’est possible. Les plafonds par type de formation et la restriction du permis B viennent de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la participation de 150 € d’un décret d’avril 2026. Chaque loi de finances peut modifier ces seuils.
Nous suivons ces évolutions, par exemple dans notre article sur la réforme du CPF et l’aval de l’employeur. Avant de vous inscrire, vérifiez toujours les montants sur le site officiel plutôt que dans un article, y compris le nôtre.
Conclusion
Retenez trois réflexes : choisir une formation certifiante, vérifier les plafonds qui s’appliquent à sa catégorie, et calculer le reste à charge de 150 € avant de valider.
Pour un projet de création ou de reprise, une formation certifiante en gestion et une VAE bien préparée restent les voies les plus solides.
Vous créez ou domiciliez votre entreprise ? Découvrez les solutions de domiciliation d’entreprise proposées par SeDomicilier pour donner une adresse professionnelle à votre activité.